Blaise Cendrars (1887–1961)

le poète voyageur du Tremblay-sur-Mauldre

Une vie d’aventures et de mots Blaise Cendrars, poète et romancier franco-suisse, reste l’une des figures les plus flamboyantes de la littérature moderne. Ami des avant-gardistes, il a croisé les plus grands artistes de son temps et marqué de son empreinte le village du Tremblay-sur-Mauldre, où il a choisi de vivre ses dernières années. Son esprit libre, son humour mordant et son amour des voyages résonnent encore dans les ruelles de ce village, où l’art et la poésie s’y mêlent depuis plus d’un siècle.

Sa « petite maison des champs »

au Tremblay à partir de 1920-1921, maison qui lui a été offerte par la comédienne Raymone Duchâteau, sa compagne.

En octobre 1939, il fait paraître dans le magazine Elle un reportage sur les conséquences du début de la guerre sur la vie quotidienne au Tremblay. Puis il s'engage comme correspondant de guerre dans l'armée anglaise, abandonnant Paris et Le Tremblay-sur-Mauldre où sa « maison des champs » sera pillée par les Allemands.

Il se retire à Aix-en-Provence pour ne plus jamais revenir au Tremblay.

Cendrars repose aujourd’hui  au Tremblay sur Mauldre. Un jour, alors qu’il recevait des amis parisiens, il les emmena dans le cimetière à la sortie du village en déclarant, non sans ironie : "Voici mon futur voisinage. Au moins, ici, je serai entouré de gens qui ne parlent pas ! ». Une référence à la fois à son amour pour la tranquillité et à sa santé déclinante.

La municipalité a fait transférer ses cendres au cimetière du Tremblay le 14 mai 1994. Elle a donné son nom à un espace polyvalent inaugurée en 2005, l'espace Blaise-Cendrars.

Le bras droit de Cendrars

Pendant la Première Guerre mondiale, Cendrars perd son bras droit à Verdun. Il en plaisantait souvent : "J’ai laissé mon bras à Verdun, mais j’ai gardé ma plume. C’est déjà ça de gagné !" Cette blessure ne l’a jamais empêché d’écrire ni de parcourir le monde. Il racontait même que son moignon lui servait de "porte-stylo" lors de ses nuits d’écriture fiévreuse, symbole de sa résilience et de son attachement indéfectible à la création.

L’écrivain bourlingueur

Cendrars était un voyageur infatigable, affirmant avoir "plus de passeports que de chemises". De retour d’un voyage en Amérique du Sud, il débarque un jour au Tremblay avec une valise remplie de manuscrits et de bouteilles de rhum, déclarant : "J’ai rapporté de quoi écrire et de quoi oublier !" Ses récits, comme L’Homme foudroyé ou La Prose du Transsibérien, ont été en partie écrits dans sa maison du Tremblay, nourris par ses périples et ses rencontres.

Un héritage littéraire et artistique

Cendrars organisait régulièrement des "soirées littéraires" chez lui, où se croisaient peintres, poètes et musiciens. Un invité, surpris par tant de talents réunis dans ce petit village, s’exclame un soir : "Comment est-ce possible ?" À quoi Cendrars répond, malicieux : "Le Tremblay n’est pas un village, c’est un carrefour. Ici, même les arbres ont des histoires à raconter ! »

Un esprit inoubliable

Avec son humour, son audace et son talent, Blaise Cendrars a fait du Tremblay-sur-Mauldre un lieu où l’art et la littérature continuent de vibrer. Son héritage ? Avoir transformé ce village en un carrefour où se croisent encore aujourd’hui les ombres des grands artistes et des mots qui voyagent.

Cendrars et Vollard

Cendrars et Vollard : une amitié tumultueuse Blaise Cendrars et Ambroise Vollard partageaient une passion commune pour l’art et la littérature, mais aussi un sens aigu de la répartie. Un jour, Cendrars, toujours à court d’argent, propose à Vollard un échange audacieux : un poème contre une lithographie de Chagall. Vollard, réputé pour son avarice, lui répond avec malice : "Blaise, tes mots valent de l’or, mais mes Chagall valent des diamants !" Malgré cette réplique cinglante, Vollard finira par publier des textes de Cendrars, reconnaissant malgré tout son génie littéraire.

Cendrars et Picasso

Cendrars et Picasso : une amitié en dessin C’est grâce à Vollard que Cendrars et Picasso se rencontrent. Lors d’un dîner chez le marchand d’art, Cendrars lance à Picasso : "Pablo, tu dessines comme un dieu, mais tu parles comme un mortel !" Amusé, Picasso lui répond en croquant son portrait… sur une nappe en papier. Ce dessin, aujourd’hui perdu, représentait Cendrars avec un bras en moins, mais tenant une bouteille de vin dans l’autre main, symbole de leur complicité et de leur amitié.